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LE DEVOIEMENT DES PRATIQUES PSYCHOTHERAPEUTIQUES A DES FINS SECTAIRES

 

Miviludes Rapport au Premier ministre 2008 - Dossier: le risque santé

Martine Maurer dans son ouvrage intitulé Comment choisir son psychothérapeute, attention risque de pratiques déviantes paru en octobre 2001 chez Hommes et Perspectives/Martin Media, observe que la psychothérapie, au sens du soin psychique, est une constante dans l᾿évolution humaine. La souffrance, la folie et les comportements déviants ont longtemps été traités par des pratiques religieuses voire magiques.

Avec la fin du XIXe siècle, la pratique de l᾿hypnose puis l᾿introduction avec Freud de l᾿inconscient dans le soin psychique, font apparaître deux professionnels, le médecin ou psychiatre et le psychanalyste. Cette dichotomie dans le champ psychologique sera au cours du XXe siècle et de manière très marquée à partir des années 1970, suive par l᾿apparition d᾿un nouveau venu, le psychothérapeute.

Le rapide succès de ce dernier s᾿explique par la demande de personnes désirant un suivi non médical et non institutionnel dans le traitement de leur mal-être, la recherche de la performance individuelle et professionnelle ou encore la quête de nouvelles valeurs.

Face aux difficultés des sociétés contemporaines et devant le recul de certaines institutions, dont la famille, l᾿accompagnement psychologique est aujourd᾿hui de plus en plus sollicité pour des publics fragiles (malades, jeunes en difficulté, personnes dépendantes, en recherche d᾿emploi...) mais également au niveau collectif pour la gestion de situations de crise (catastrophes naturelles, accidents aériens...) ou encore des fléaux sociaux (violence urbaine, routière, toxicomanie, délinquance, prévention du suicide...).

Cette évolution coïncide avec un élargissement constant des pratiques et des méthodes dont le nombre se situerait aujourd᾿hui entre 200 et 400. Elle se traduit par une importante augmentation du nombre des professionnels de la psychothérapie.

Mais l᾿explosion de la bulle «psy», très insuffisamment maîtrisée par les différents acteurs publics, professionnels et associatifs, inquiète par les nombreuses déviances qui l᾿accompagnent. Parmi celles-ci, les dérives de caractère sectaire arrivent en bonne place d᾿autant que la mouvance sectaire investit largement le champ de la santé.

La Fédération française de psychothérapie et de psychanalyse (FF2P), dans une lettre ouverte aux parlementaires en date du 29 janvier 2007, soulève la question cruciale du dévoiement de la psychothérapie et par voie de conséquence celle de la protection des usagers: «Le but final commun reste de protéger à la fois les usagers et les professionnels qualifiés contre l᾿action de certains charlatans insuffisamment formés et contre certaines sectes usurpant effrontément à la fois notre titre et quelques-unes de nos techniques».

L᾿intérêt de la mouvance sectaire pour ces techniques réside évidemment dans leur efficacité destructrice conduisant à la mise en état de sujétion de l᾿adepte.

Jean-Marie Abgrall, psychiatre, criminologue et ancien expert près la cour d᾿appel d᾿Aix-en-Provence, observe, au chapitre 8 de son ouvrage intitulé La mécanique des sectes paru aux éditions Payot et Rivages en 1996: «La manipulation mentale ou conditionnement psychique ou encore lavage de cerveau (en anglais Brain Washing) est la base de l᾿endoctrinement sectaire».

Ce lien entre manipulation mentale et endoctrinement sectaire est confirmé dans la majorité des situations douloureuses portées à la connaissance de la Mission.

Une augmentation de l᾿offre et de la demande de soins, une augmentation des risques

Les constats:

- Une hausse rapide du besoin d᾿accompagnement «psy»,

- Une augmentation et une diversification de l᾿offre psychothérapeutique,

- Un manque d᾿encadrement du titre de psychothérapeute,

- L᾿absence d᾿évaluation des méthodes et pratiques.

 

• Un nombre d᾿usagers en hausse

À la veille des états généraux de la psychothérapie, tenus à Paris en 2001, la Fédération française de psychothérapie avec la collaboration du magazine Psychologies confiait à l᾿institut national de sondage BVA, une enquête sur un échantillon de 8069 Français, usagers de psychothérapies et âgés de plus de 15 ans.

Pour cette fédération, cette enquête a révélé au début des années 2000 «qu᾿en France 5,2% de la population générale a suivi ou poursuit encore une psychothérapie, soit près de trois millions de personnes. Ce nombre augmente régulièrement du fait des conditions de vie actuelles, et constitue donc une préoccupation d᾿intérêt national. Cette première enquête de grande ampleur – effectuée auprès des usagers et non des professionnels – a permis de constater que, malgré la place considérable que la psychanalyse occupe encore dans les médias français, elle ne concerne plus que 30% environ des thérapies tandis que les thérapies non analytiques, bien moins connues, représentent au total 70% des traitements: 20% de thérapies cognito- comportementales, 12% de thérapies humanistes-existentielles, 12% de thérapies familiales ou de couple...et 26% de thérapies mal définies par les bénéficiaires – encore insuffisamment informés. Les deux tiers des usagers sont des femmes, 50% avaient consulté pour dépression, troubles du sommeil, angoisse ou stress majeur; 22% à la suite d᾿un deuil, d᾿un abandon ou d᾿un traumatisme psychique; 21% pour phobies ou attaques de panique...Malgré une information encore insuffisante, la psychothérapie conquiert peu à peu sa place dans la population française, non seulement parmi les cadres supérieurs (23 %) et les professions intermédiaires (21%) mais aussi parmi les employés (13%), les ouvriers (15%) et même les paysans (2%)».

L᾿entourage d᾿une personne en psychothérapie étant fortement concerné, l᾿étude évaluait l᾿impact de ce type de soins non pas aux 3 millions d᾿usagers mais à une population d᾿au moins 8 à 10 millions. Quelques années après et compte tenu de la progression de l᾿offre et de la demande dans ce domaine, il est raisonnable de rapporter l᾿impact des pratiques psychothérapeutiques à environ 12 millions de personnes, ce qui est loin d᾿être négligeable sur une communauté nationale qui aujourd᾿hui compte 64 millions d᾿individus. Cette étude établissait par ailleurs un taux de satisfaction à hauteur de 84%, ce qui atteste du sérieux et de la qualité du plus grand nombre des professionnels de psychothérapie.

Néanmoins un taux d᾿insatisfaction voire de dangerosité à hauteur de 16% est très élevé, s᾿agissant de prise de risque voire de mise en danger du patient et de ses proches.

 

• Une multiplication des indications

L᾿offre psychothérapeutique se caractérise également par un élargissement régulier des indications:

- Thérapeutiques dans la prise en charge du dysfonctionnement psychique et de la souffrance mentale.

- D᾿accompagnement individuel, (personnel, professionnel, scolaire, familial...).

- De contribution à la résolution de crises diverses dans le monde du travail, le champ social...

Parmi les cibles ayant récemment suscité la vigilance de la mission, on peut citer les mineurs et le public des jeunes adultes.

Le traitement de l᾿hyperactivité et l᾿accompagnement des parcours scolaires et universitaires notamment, trouvent un terrain favorable dans les préoccupations voire l᾿angoisse des intéressés ou de leurs familles, à la recherche de l᾿excellence et de stratégies pour faciliter leur insertion dans la vie active.

On constate également l᾿apparition de nouveaux «produits» tels le ticket psy, sur le modèle des tickets restaurant et chèques cadeaux.

Initiée il y a environ deux ans, cette prestation destinée aux salariés en souffrance est financée par l᾿employeur à hauteur de 100 à 120 euros par ticket ou consultation. Prescrite par le médecin du travail, elle est exécutée par un réseau de 200 professionnels, principalement psychologues et dans une moindre proportion psychiatres et psychothérapeutes. Les initiateurs escomptent un rapide développement du produit en raison notamment du contexte de crise économique avec ses répercussions sur les conditions de travail et l᾿emploi.

Cette innovation dans le registre du traitement du mal-être au travail, a soulevé des critiques, notamment de l᾿ordre des médecins qui rappelle que «la médecine n᾿est pas un commerce» et qui redoute que le respect du secret médical ne soit pas garanti.

Outre ces réserves, l᾿hypothèse d᾿un détournement du dispositif n᾿est pas à écarter: manipulation des bénéficiaires, au demeurant volontaires, pour faciliter des licenciements voire des reconversions professionnelles dans les métiers liés aux mouvances à caractère sectaire.

Les activités concernées sont précisément celles des psychothérapeutes, mais aussi celles des distributeurs de produits complémentaires de santé, sur lesquels la Miviludes exerce également sa vigilance, notamment à travers les organisations de vente pyramidale.

 

• Diversité et prolifération des approches

a) La Fédération française de psychothérapie et de psychanalyse (FF2P) soit une soixantaine d᾿organismes regroupant plus de 3000 professionnels, retient trente-huit méthodes:

Analyse bioénergétique,

Analyse des rêves,

Analyse psycho-organique,

Analyse transactionnelle,

Art thérapie,

Danse thérapie,

Intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires (EMDR),

Gestalt thérapie,

Haptonomie,

Hypnose classique,

Hypnose éricksonienne,

Intégration posturale thérapeutique,

Massage psychothérapeutique,

Musicothérapie,

Programmation neuro-linguistique thérapeutique,

Psychodrame,

Psychogénéalogie,

Psychologie de la motivation,

Psychosynthèse,

Psychothérapie analytique,

Psychothérapie brève,

Psychothérapie centrée sur la personne,

Psychothérapie intégrative,

Psychothérapie psychocorporelle,

Psychothérapie transpersonnelle,

Relaxation,

Rêve éveillé,

Sexothérapie,

Somatothérapie, psycho-somatothérapie,

Psycho-somato analyse,

Sophia analyse,

Sophrothérapie,

Technique de respiration,

Technique cognito-comportementale,

Thérapie familiale analytique,

Thérapie familiale et systémique,

Thérapie primale,

Végétothérapie.

b) Les organismes du soin alternatif et du bien-être proposent une panoplie d᾿offres plus large, au nombre desquelles figurent les méthodes psychothérapeutiques couramment utilisées et éprouvées, mais aussi des pratiques non évaluées ou rattachées à des théories repérées comme présentant un danger pour les «patients».

Le site «Mieux-être.org», orienté sur les soins naturels, alternatifs et de bien-être pour la France et la Belgique, illustre ce constat avec un regroupement de 45 sites et 138 catégories, dont les rubriques suivantes:

1) Alimentation nutrithérapie,

2) Analyse bioénergétique,

3) Analyse et réinformation cellulaire,

4) Analyse transactionnelle,

5) Approche centrée sur la personne,

6) Approche de l᾿alignement,

7) Aromathérapie,

8) Astrologie,

9) Ayurvéda,

10) Biodanza,

11) Biologie totale et déprogrammation biologique,

12) Catharsis glaudienne,

13) Coaching,

14) Communication non violente,

15) Constellations familiales,

16) Contraception naturelle,

17) EMDR,

18) Élixirs floraux,

19) Fleurs de Bach,

20) Émotionnel Freedom technique,

21) Énergétique,

22) Eutonie,

23) Feng sui,

24) Gestalt,

25) Gestalt expérientielle,

26) Haptonomie,

27) Hypnose,

28) Intégration posturale,

29) Jeûne,

30) Kinésiologie,

31) Massage,

32) Médecine anti-âge,

33) Médiation familiale,

34) Méthode de libération des cuirasses,

35) Méthode ESPERE,

36) Méthode Tomatis,

37) Musicothérapie,

38) Naturopathie,

39) Numérologie,

40) Orientation (professionnelle, scolaire, psychothérapeutique),

41) Pédagogie clinique,

42) Programmation neuro-linguistique,

43) Psychogénéalogie,

44) Psychologie quantique,

45) Psychothérapie corporelle intégrée,

46) Réflexologie,

47) Reiki,

48) Somnothérapie,

49) Suggestopédie,

50) Supervision,

51) Tai Chi et Qi Gong,

52) Tarot psychologique,

53) Technique Alexander,

54) Thérapie brève,

55) Thérapie brève systémique,

56) Thérapie somatique des traumatismes,

57) Thérapie par le souffle,

58) Voix,

59) Vue,

60) Yoga.

La largeur et l᾿hétérogénéité de l᾿éventail proposé illustrent la difficulté pour les institutions mais plus encore pour les particuliers, d᾿un choix éclairé de la technique et du praticien. Elles soulignent le caractère «psy» des offres de soin alternatives.

Ce constat vaut pour les méthodes largement répandues mais également pour des pratiques plus confidentielles de création récente.

 

• Des psychothérapeutes aux parcours divers

Trois catégories de professionnels interviennent dans le domaine des psychothérapies. Cette population, sur la base d᾿évaluations convergentes, concerne environ 15000 praticiens dont le nombre progresse régulièrement. Cette population se répartit entre:

- 10 à 15 % titulaires d᾿un doctorat en médecine notamment dans la spécialité psychiatrique,

- 25% à 30% psychologues formés sur les bancs des facultés de sciences humaines et en possession de masters en psychologie clinique,

- 15 à 20% psychanalystes bénéficiant d᾿un encadrement et d᾿une régulation par leurs pairs,

- 25% à 30% de professionnels se déclarant psychothérapeutes, se réclamant de disciplines diverses et avec des parcours de formation hétérogènes.

Or la formation aux psychothérapies soulève précisément des interrogations sur la contenu des programmes et le professionnalisme futur d᾿une partie de ces nouveaux praticiens.

Ces universités libres, facultés libres, instituts supérieurs, ne sont l᾿objet d᾿aucun contrôle de l᾿autorité publique sur la conception des programmes, en raison notamment du principe de liberté reconnu par la loi du 12 juillet 1872 relative à l᾿enseignement supérieur privé. Leur recensement auprès des rectorats est essentiellement déclaratif et à l᾿initiative des responsables de ces organismes. Aucune garantie n᾿est donc donnée sur la qualité des formations ni sur la valeur des diplômes délivrés, dont aucun d᾿ailleurs, quelle que soit la méthode psychothérapeutique enseignée, n᾿est aujourd᾿hui reconnu par les pouvoirs publics.

Ces enseignements de caractère professionnel sont également dispensés par des organismes enregistrés au titre de la formation professionnelle et continue. Dans ce domaine prévaut encore le principe déclaratif, et les moyens des services publics comme le cadre réglementaire de leur intervention sont insuffisants pour garantir la qualité des formations et prévenir efficacement des risques à caractère sectaire.

 


 

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