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LES DÉRIVES PSYCHOTHÉRAPEUTIQUES: LE CAS DES FAUX SOUVENIRS INDUITS

 

Rapport au Premier ministre 2007 de Miviludes
(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

Le philosophe Paul Ricœur déclarait à propos de ses travaux sur une juste représentation du passé, objet d᾿un ouvrage: «La mémoire, l᾿histoire, l᾿oubli», publié aux éditions du Seuil en septembre 2000:

«Je reste troublé par l᾿inquiétant spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d᾿oubli ailleurs, pour ne rien dire de l᾿influence des commémorations et des abus de mémoires- et d᾿oubli. L᾿idée d᾿une politique de la juste mémoire est à cet égard un de mes thèmes civiques avoués».

Cette préoccupation révèle l᾿importance des acquis du passé et la volonté des contemporains à décrypter le sens de nos souvenirs à un niveau collectif comme individuel.

S᾿agissant de la personne, ce recours banalisé «aux souvenirs» n᾿est pas sans risque de dévoiement et de manipulation des nos mémoires, notamment dans les démarches de développement personnel, professionnel ou à l᾿occasion de prises en charge thérapeutiques. Un certain nombre de méthodes psychothérapeutiques, en intégrant le vécu des individus et celui de leur famille, sollicite la réminiscence des souvenirs.

Un exemple dramatique de falsification et de détournement de la mémoire réelle ou imaginée par des praticiens incompétents ou poursuivant des objectifs d᾿asservissement des personnes leur accordant leur confiance est le phénomène appellé «syndrome des faux souvenirs».

 

1. Naissance d᾿un phénomène dangereux

Définition des faux souvenirs induits

Plusieurs définitions au demeurant concordantes en sont données. Pour l᾿association nord-américaine luttant contre les méfaits de ce syndrome (http://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/falsememory.html),

«le faux souvenir est une expérience déformée par la mémoire du sujet qui l᾿a vécu ou encore un souvenir imaginaire résultant d᾿un fantasme qui a remplacé inconsciemment un fait dans la mémoire».

«Le faux souvenir induit résulte de techniques d᾿auto-suggestion ou d᾿une influence indue qu᾿exercent certains thérapeutes».

Il existe plusieurs sortes de faux souvenirs:

«Des faux souvenirs de maltraitance,Des faux souvenirs de viols, d᾿incestes (la personne accusée étant le père parfois le frère) ou d᾿abus sexuels par une autre personne faisant figure d᾿autorité (enseignant, prêtre, nourrice, ami de la famille...). Ou encore des faux souvenirs de vies antérieures ou d᾿enlèvements par des extra-terrestres»
(http://pages.globetrotter.net/mlebank/msd/fauxsouvenirs1.html).

Enfin pour l᾿association française «Alerte Faux Souvenirs Induits» (AFSI), «le syndrome de la fausse mémoire peut être identifié lorsqu᾿il n᾿est précédé par aucun souvenir de même nature pendant les 20-30 années antérieures et qu᾿il apparaît brusquement au cours ou à la suite d᾿une thérapie basée sur la recherche des souvenirs d᾿enfance et commence à altérer le jugement et la personnalité des jeunes patients adultes».

 

L᾿apparition du phénomène

Né dans la seconde moitié du vingtième siècle sur le continent nord-américain et particulièrement aux États-Unis, ce phénomène dangereux émerge dans un contexte d᾿évolution des mentalités notamment autour des tabous sexuels et de croissance d᾿un marché de l᾿offre psychothérapeutique utilisée aussi bien dans des situations thérapeutiques, que dans les stratégies professionnelles ou d᾿accompagnement d᾿un mieux-être.

Le syndrome du faux souvenir est le fait de praticiens ramenant systé-matiquement toutes les difficultés de la personne à des souvenirs occultés souvent depuis la prime enfance, de maltraitances tels l᾿abus sexuel (viol,inceste) dans l᾿entourage familial, au cours de rites sataniques ou encore d᾿expériences d᾿enlèvements par des extra-terrestres.

En outre, le fait que ces maltraitances touchent des mineurs au moment des faits réels ou supposés, a mobilisé l᾿opinion publique et a légitimé un traitement prioritaire de ces cas par les services sociaux, policiers et judiciaires dans la prise en charge des victimes et la poursuite des agresseurs désignés. L᾿épidémie de dénonciations, dont un grand nombre diffamatoire, plongeant les familles dans des drames douloureux, aurait, selon la False Memory Syndrome Foundation, créée en 1992 à l᾿initiative des familles victimes avec le soutien de juristes et de scientifiques, entraîné l᾿ouverture de 1800 enquêtes et le déroulement de 736 procès.

Le psychologue américain Robert A. Baker dans son ouvrage «Hidden Memories» (Mémoires cachées) révélait l᾿explosion du phénomène qui, de sources statistiques officielles, concernait 160000 cas d᾿abus sexuels infantiles en 1967 et 1700000 en 1985 dont 65% sans fondement selon ces mêmes sources.

La multiplication des situations dramatiques et l᾿absence démontrée de fondements scientifiques dans le parti pris que tout dysfonctionnement de la personnalité a une cause unique, «l᾿abus sexuel», ont entraîné une riposte des victimes par la création d᾿organisations comme la False Memory Syndrome Foundation et au travers de publications scientifiques établissant le caractère erroné et dangereux d᾿une approche aussi dogmatique.

Deux ouvrages illustrent plus particulièrement outre-atlantique cette riposte du parti des victimes et du mouvement des sceptiques:

- syndrome des faux souvenirs d᾿Elisabeth Loftus et Katherine Ketcham paru en 1997:

- faux souvenirs et désordre de la personnalité multiple, une perspective sociocognitive, de Nicholas P. Spanos en 1998.

Ce phénomène, bien que fortement dénoncé, s᾿est largement répandu sur le continent nord-américain, au Japon, en Australie et bien évidemment en Europe.

En France, une dérive sectaire fortement empreinte du syndrome des faux souvenirs induits comme outil de manipulation des adeptes et de rupture avec leur famille est celle du groupe Saint-Erme à la fin des années 1970 et au début de la décennie 1980.

 

Le groupe Saint-Erme et l᾿induction de faux souvenirs

Ce groupe est à l᾿origine un institut séculier fondé et dirigé par Marcel Cornélis, prêtre catholique belge, assisté d᾿une dizaine de permanents. Au plus fort de son développement, il regroupe environ 450 membres dont 72 médecins, une vingtaine de professeurs d᾿université, des psychiatres, psychologues et autres professions de santé. Le groupe est implanté dans ou à proximité des villes universitaires françaises et belges.

À la fin des années 1970, le groupe également appelé «La famille de Nazareth» se transforme en SCI «Le Haut de Saint-Erme» doté par ailleurs de deux départements scientifiques, la société internationale de recherche interdisciplinaire sur la communication (SIRIC) et la société internationale de recherche interdisciplinaire sur les maladies (SIRIM).

Seront mises en œuvre sous l᾿influence de son fondateur des pratiques de transes et diffusées des croyances comme le don des langues, les miracles ou des prophéties sur le règne de Satan et la fin des temps. Ces extravagances entraîneront sa rupture avec l᾿Église catholique.

À l᾿issue d᾿une enquête sur l᾿évolution du groupe, le Père Jacques Trouslard déclarait dans la revue de l᾿UNADFI, Bulles, parue au premier trimestre 1991:

«Étudiant les problèmes de la vie quotidienne à la lumière du fonctionnement du cerveau, la SIRIC et la SIRIM proposent à leurs adeptes et à tous les lecteurs, une théorie globale, nouvelle et unique de la psychopathologie et de la psychosomatique. La méthode psychothérapeutique est simple: on assure l᾿autonomie et l᾿épanouissement harmonieux de la personne en la mettant en garde contre la relation dominant/dominé, source de toutes les dépendances et de toutes les maladies. En fait, ces théories et cette thérapie prétendument scientifiques sont l᾿occasion pour Marcel Cornélis d᾿entrer et de faire entrer ses disciples dans une violente diatribe contre la femme, la mère, les psys, l᾿Église, les chefs d᾿entreprises, les médias...».

Une conséquence de la mise en œuvre de cette théorie psychothérapeutique, destructrice de la personne et de la famille, fut au sein de ce groupe l᾿explosion du phénomène des faux souvenirs induits. Les adeptes adressaient à leurs parents des courriers injurieux et calomnieux dénonçant des relations incestueuses dans leur petite enfance.

Ces démarches conformes aux écrits du fondateur ont illustré les mécanismes de manipulation des adeptes et de caractérisation d᾿une dérive sectaire suivant trois phases: la séduction, la déstabilisation principalement par l᾿induction de faux souvenirs entraînant des ruptures familiales particulièrement douloureuses, et la mise en état de sujétion de l᾿adepte.

Entré dans un délire particulièrement agressif, le groupe rejettera violemment toutes critiques ou dénonciations émanant soit d᾿anciens adeptes et leurs familles au sein de l᾿association pour la promotion et la défense de l᾿individu et de la famille (APEIF), soit de campagnes de presse ou de l᾿ouvrage publié aux éditions du Cerf sous le titre: «Radiographie d᾿une secte au-dessus de tout soupçon» par Olivier Braconnier.

Portant plainte pour diffamation contre l᾿association, les journalistes et l᾿éditeur, Le Haut de Saint-Erme perdra finalement son procès et se disloquera.

Cette affaire impliquant plus de deux cents familles accusées de relations incestueuses sans preuve établie, illustre une dérive sectaire d᾿une ampleur certaine dans laquelle le phénomène des faux souvenirs induits est constaté.

Par son ampleur et sa gravité, le syndrome des faux souvenirs induits a rapidement mobilisé les victimes et suscité des études et des publications de la communauté scientifique, en particulier sur les mécanismes de la mémoire.

 

2. Un phénomène en progression

Pour autant, loin de régresser, il se développe aujourd᾿hui de manière inquiétante. Il est à l᾿origine d᾿une multiplication d᾿initiatives associatives de défense des victimes et au premier plan, des familles déchirées au sein desquelles un de leurs membres, le plus souvent le père, est calomnieusement accusé du délit voire du crime d᾿abus sexuel (inceste, viol...).

 

Un dispositif associatif spécifique

Dans le sillage d᾿associations généralistes de prévention et de défense des victimes de dérives sectaires comme l᾿Union nationale de défense des individus et de leur famille (UNADFI), le centre de documentation, d᾿éducation et d᾿action contre les manipulations mentales – centre Roger Ikor (CCMM), ou encore le groupement d᾿étude des mouvements de pensée en vue de la prévention de l᾿individu (GEMPPI), plusieurs sites d᾿information et de lutte sur internet pointent, à titre principal ou dans des proportions croissantes au cours des dernières années, les pratiques psychothérapeutiques déviantes comme outil d᾿emprise mentale par l᾿induction de faux souvenirs chez les patients/clients. Sans prétendre à l᾿exhaustivité, sont plus particulièrement concernés:

- Le centre d᾿information et de prévention sur les psychothérapies abusives et déviantes (CIPPAD),

- Prévensectes,

- Psychovigilance,

- France-FMS (False Memory Syndrom),

- AFIS (Association Française pour l᾿Information Scientifique ) Deux associations, à titre principal sinon exclusif, agissent pour aider les victimes du fléau des faux souvenirs induits:

- AFSI (Alerte Faux Souvenirs Induits) créée en juillet 2005 pour venir en aide aux familles et aux patients abuses,

- AEFCAS (Association d᾿entraide aux familles confrontées à des accusations soudaines).

Cette multiplication d᾿initiatives associatives est la réponse à la montée d᾿un phénomène à l᾿origine de drames comme les divisions et ruptures familiales, l᾿apparition de maladies et en particulier de dépressions nerveuses, les suicides, et d᾿ouverture de procédures policières et judiciaires avec le risque de condamnation d᾿innocents.

Plusieurs constats expliquent la montée de ce risque et la multiplication des signalements et des affaires de faux souvenirs induits.

 

Un besoin d᾿accompagnement psychologique, une demande en hausse

Le culte de la performance dans la sphère privée de l᾿individu, dans ses activités professionnelles, son droit au bien-être, la conviction répandue que le mal-être naît souvent dans l᾿histoire familiale et l᾿effacement des repères et des institutions religieux et moraux ont, au cours des dernières décennies, promu le recours aux accompagnements psychothérapeutiques. La demande a considérablement augmenté et ces accompagnements sont requis dans la résolution des difficultés de santé, de scolarité, de travail, à la suite de catastrophes dans l᾿aide aux victimes et bien évidemment dans les démarches de développement personnel.

 

La croissance des effectifs de praticiens, une offre en hausse

Face à cette demande croissante, l᾿offre, toutes natures de prestations confondues, a conjointement progressé à travers trois catégories.

 

1 - Les médecins psychiatres

Dans l᾿étude coordonnée par Magali Coldefy, intitulée «La prise en charge de la santé mentale», recueil d᾿études statistiques publié en 2007 par la Documentation française, le nombre de psychiatres recensés au 1er janvier 2005 ressort à 13600 professionnels, en augmentation de 18% par rapport à 1990. Après un rythme de croissance soutenu de 5% par an entre 1985 et 1990, le taux varie de 2 à 3% de 1990 à 1995 pour atteindre ensuite et jusqu᾿à présent une progression annuelle de 1%.

 

2 - Les psychologues

Titulaires de diplômes universitaires, ces professionnels seraient environ 35000, principalement répartis entre la sphère éducative comme psychologues scolaires – conseillers d᾿orientation, et les établissements de santé.

 

3 - Les psychothérapeutes

Il s᾿agit des praticiens rémunérés pour leurs psychothérapies quelle(s) que soi(en)t leur(s) méthode(s), leur profession ou leur formation d᾿origine.

Ainsi selon la Fédération française de psychothérapie et de psychanalyse (FF2P), cette catégorie regrouperait entre 10000 et 15000 praticiens dont 10 à 15% de médecins, 20 à 30% de psychologues, 20% de travailleurs sociaux, 20% de professions paramédicales et 10 à 15% d᾿origines diverses.

Ce panorama des métiers de l᾿accompagnement psychologique, outre la perméabilité des trois catégories, met en évidence une insuffisance voire une absence de formation initiale dans les disciplines concernées, pour plus de la moitié des psychothérapeutes recensés par une fédération professionnelle, soit un ensemble de 5000 à 7000 praticiens. Ce constat, s᾿il ne doit pas aboutir à la conclusion hâtive que la moitié au moins des psychothérapeutes aurait des pratiques charlatanesques et dangereuses, est néanmoins un facteur de risque aggravé dans ce secteur de prestations où l᾿appellation «psychothérapeute» n᾿est pas encore encadrée dans l᾿attende du dispositif réglementaire prévu à l᾿article 52 de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique. Par ailleurs si les organisations professionnelles des psychothérapeutes, notamment autour de méthodes, établissent dans un certain nombre d᾿entre elles, des chartes de bonnes pratiques, celles-ci correspondent le plus souvent à des recommandations internes sans évaluation ni certification indépendante et autorisée.

Dans ces conditions, le choix éclairé d᾿une psychothérapie n᾿est pas sans risque dont celui de l᾿emprise mentale dans le cadre d᾿une dérive sectaire.

 

Des méthodes vulnérables aux mauvaises pratiques

Delphine Guerard, psychologue clinicienne auprès de l᾿association «Alerte Faux Souvenirs Induits» distingue dans une approche analytique, trois catégories de méthodes plus particulièrement vulnérables aux mauvaises pratiques:

- «Des méthodes manuelles de traitements énergétiques associés à des massages comme la Reprogrammation énergétique,

- des méthodes psychothérapeutiques intensives et systématiques qui solutionnent en profondeur les problèmes psychologiques telles que la Catharsis Glaudienne,

- des méthodes relatives aux thérapies de l᾿approche transgénérationnelle».

Les postulats et principes fondateurs et communs à ces méthodes peuvent expliquer leur vulnérabilité.

 

1 - Les postulats

«L᾿individu est considéré dans une vision globale physique, émotionnelle, vibratoire et mentale conforme à l᾿unité de la personne, les maladies physiques ou mentales naissent de chocs émotifs violents vécus dans l᾿enfance. La pathologie est essentiellement le résultat d᾿un dysfonctionnement émotionnel. La guérison est subordonnée à la récupération vécue de la mémoire occultée».

 

2 - Les principes

- «La vérité du subconscient.

Tout est enfoui et inscrit dans le subconscient: les réponses aux questions sur soi et la clé des vérités fondamentales de la personne (informations, expériences passées, dissimulées, oubliées qui ont une influence déterminante auxquelles le conscient n᾿a pas accès). Il apporte la vérité qui libère. Il est un révélateur et donc un guérisseur. Grâce à un état de relaxation, le subconscient livre l᾿information en permettant de revivre intensément les scènes du passé complètement ou partiellement occultées.

- Le mécanisme de l᾿occultation.

L᾿individu dispose d᾿un mécanisme de défense particulier, l᾿occultation, pour protéger son équilibre physique et psychique. Chaque fois que la tension émotive est trop forte, il peut totalement rayer de sa mémoire un événement physique et moral traumatisant s᾿il est incapable de l᾿accepter ou de le comprendre. Depuis le subconscient, les chocs émotifs occultés opèrent à notre insu une sorte de pollution génératrice de désordres physiques ou mentaux. Il faut les tirer de l᾿oubli et les ramener à la conscience afin qu᾿ils perdent leur pouvoir perturbateur. L᾿objectif est de rétablir un lien entre le subconscient et la conscience, car c᾿est en revivant les événements occultés, en les ramenant au niveau du conscient, que les symptômes disparaissent et que la guérison intervient.

- Les corps mémoire.

Le corps est porteur et témoin des mémoires individuelles, familiales et collectives. Il est le support de nos sensations et de nos expériences. Il nous résume. Le corps est considéré comme réceptacle de toutes les expériences de vie inconscientes et conscientes. Le corps garde en mémoire tout ce qui s᾿est réellement passé et reflète notre histoire. Il ne ment pas. On peut y déceler nos défaillances en l᾿interrogeant par des pressions révélant les points de blocage, les excès ou les baisses d᾿énergie. Tout est inscrit dans le corps. Lorsqu᾿un individu vit un événement, le corps réagit à l᾿insu de la conscience en laissant des empreintes. Avec le temps, ces empreintes perturbent l᾿équilibre général de l᾿organisme. Les tissus commencent à se rétracter. Des tensions, un mal-être ou des troubles fonctionnels apparaissent. Un traumatisme affectif, émotionnel ou physique s᾿inscrit dans la musculature représentant une mémoire traumatique, une sorte de signal d᾿alarme, d᾿appel à l᾿aide. Ainsi, le corps donne des informations. Il est langage qu᾿il faut savoir décoder, décrypter et interpréter.

- Le recours aux cakras (centres énergétiques).

Au nombre de sept, ils canalisent une énergie spécifique et influent directement sur notre vie physique et psychique. Chacun correspond à un type particulier d᾿émotions et d᾿instincts à gérer. En interrogeant le patient en état modifié de conscience, le thérapeute décrypte le niveau de préoccupation du subconscient. Un travail énergétique sur le corps permet de détendre localement tensions et blocages énergétiques.

- La purification émotionnelle.

Il faut libérer les blocages émotionnels pour guérir les blessures de l᾿enfance et pour supprimer les malaises qui en découlent. L᾿importance est donnée à l᾿évacuation des émotions négatives, conscientes et inconscientes, car elles s᾿accumulent dans le corps, entraînant des blocages autant physiques que psychiques. Il faut détecter les blocages pour s᾿en libérer. Ce processus s᾿accompagne d᾿une prise de conscience.

- La libération des mémoires internes, familiales, héréditaires et des mémoires collectives.

Il s᾿agit de déceler les vécus négatifs inscrits dans les mémoires d᾿un individu, de les libérer et de les remplacer ou de les intégrer. Des recherches généalogiques permettent de découvrir les répétitions et les transmissions des problèmes entre les générations sur un modèle héréditaire. Leur découverte entraîne une prise de conscience permettant de rompre le processus de répétition.

- L᾿auto-guérison.

Ces méthodes prétendent aider l᾿individu à renouer avec des souvenirs ou des sensations qui sont totalement oubliés mais source de son malaise présent. En fait, c᾿est le patient qui guérit lui-même en prenant conscience et en intégrant son propre vécu».

Ces fondements maximalisent la probabilité d᾿obtenir des souvenirs déformés, inexacts et parfois complètement illusoires.

Pour Delphine Guérard, «l᾿usage que l᾿on fait d᾿une méthode est déterminant de sa nuisance».

Anne Ancelin Schutzenberger, thérapeute et fondatrice de la psycho généalogie, outil de décryptage des liens familiaux, de leur transmission et de la chaîne transgénérationnelle, met en garde les lecteurs de Psychologies Magazine paru en décembre 2007, contre le mauvais usage de sa méthode «Aujourd᾿hui, n᾿importe qui peut se prévaloir d᾿utiliser la psycho-généalogie sans avoir suivi une formation sérieuse, à la fois universitaire et clinique. Certains ont une telle ignorance du sujet qu᾿ils font des erreurs grossières d᾿analyse et d᾿interprétation et mettent leurs clients sur de fausses voies».

 

3. Physionomie de récents cas de faux souvenirs induits

L᾿AFSI (Alerte Faux Souvenirs Induits), depuis sa récente création en juillet 2005, a été sollicitée sur plusieurs centaines de drames familiaux. Tous les signalements ne concernaient pas des situations familiales dans la tourmente du syndrome des faux souvenirs induit. En outre, l᾿association n᾿a pas écarté le risque d᾿être abusée par de faux témoignages dont ceux d᾿authentiques auteurs d᾿abus sexuels.

Des deux cents situations consolidées, l᾿AFSI dégage les constats suivants:

 

Le profil des victimes accusatrices

Pour 80%, ce sont des femmes jeunes dont l᾿âge moyen ressort à 33 ans avec un écart de 19 à 52 ans. Les faits prétendument dénoncés remontent soit à la période avant quatre ans, soit jusqu᾿à dix, onze ans ou plus vaguement «quand j᾿étais petite». Les accusations sont principalement intervenues au début des années 2000 et l᾿AFSI s᾿interroge sur une éventuelle contagion avec le procès belge du pédophile Marc Dutroux et l᾿affaire judiciaire d᾿Outreau. Les faits accusateurs restitués dans la mémoire occultée, remontent au moins à vingt voire quarante ans. Ainsi les «accusatrices» seraient plus sensibles à l᾿induction par un thérapeute de faits d᾿abus sexuels.

Leur description concerne plutôt des images que des sensations. Les personnes accusatrices ont suivi, dans la grande majorité, des études supérieures et occupent des fonctions de cadre.

 

Les psychothérapeutes

Dix pour cent sont médecins (psychiatres et homéopathes), dix pour cent psychologues, seize pour cent kinésithérapeutes et soixante-quatre pour cent d᾿origines diverses.

Les relations nouées avec leurs clients dépassent la sphère professionnelle et sont qualifiées d᾿amicales.

Par ailleurs l᾿AFSI constate une similitude entre le comportement de ces thérapeutes déviants et le fonctionnement de groupes à caractère sectaire:

- «Cloisonnement du groupe,

- Imposition de l᾿omerta à l᾿extérieur du groupe,

- Cherté des séances de thérapies,

- Punitions financières du membre dissident,

- Pression et menace sur le dissident envisageant le départ du groupe».

 

Les psychothérapies

Elles sont l᾿objet de nombreux stages et séminaires répartis sur l᾿année en plusieurs week-ends ou semaines. Elles peuvent se dérouler sur plusieurs années.

 

Les méthodes

Toutes ne sont pas connues précisément. Néanmoins dans un certain nombre de cas, ont été cités:

- L᾿hypnose,

- La sophrologie,

- La psychogénéalogie,

- Le décodage biologique des êtres vivants,

- Les massages energétiques,

- La communication facilitée,

- La gestalthérapie,

- Le yoga méditation,

- Le psycho-théâtre,

- La musicothérapie,

- La consommation d᾿iboga.

 

Le profil des victimes accusées

Les victimes accusées appartiennent au cercle familial restreint et sont de sexe masculin dans quatre-vingt seize pour cent des deux cents cas traités par l᾿AFSI, soit principalement les pères (80%) puis les grands-pères (10%) et enfin les frères, oncles et autres proches (6%). Les mères pour la gent féminine ne sont accusées que dans 4% des situations.

 

Les conséquences

1 - La santé des victimes

Elles se manifestent sur la santé des victimes, celle des accusées comme celle des accusatrices. Deux parents, après leur mise en cause dans des accusations d᾿abus sexuels, se suicident. Des parents et grands-parents après les accusations ont développé des pathologies graves: maladies cardiaques, cancers, dépressions nerveuses. Chez les accusateurs, l᾿AFSI signale des tentatives de suicide et des hospitalisations d᾿urgence en établissement psychiatrique.

 

2 - Les procédures judiciaires

Elles se traduisent par des plaintes devant la justice. Certains parents ont été entendus comme témoins. D᾿autres ont quitté leur domicile les poignets menottés, ont fait l᾿objet de mises en garde à vue et de fouille de leur domicile, de mises en examen pendant de longs mois jusqu᾿au déroulement du procès. Toutes ces affaires ont été déclarées sans suite par la justice.

 

3 - Les séismes familiaux

Elles se traduisent également par la mise en cause calomnieuse des grands-parents sur la personne de leurs petits-enfants, les privant dans certains cas définitivement de leur présence. En l᾿absence de saisine de la justice, les accusés se qualifient «de présumés coupables à vie».

De plus, l᾿accusation fausse d᾿un parent pour des faits aussi graves, cause des fractures familiales et des destructions psychiques hors du commun.

 

Conclusion

Le syndrome du faux souvenir induit, dès lors qu᾿il concerne des abus sexuels, est une arme particulièrement efficace de déstabilisation et de mise en sujétion de l᾿individu. Il atteint dangereusement l᾿auteur présumé d᾿abus sur mineurs en l᾿explosant à de lourdes sanctions pour fait criminel.

La multiplication des témoignages et des situations douloureuses est très probablement et pour partie, la conséquence d᾿une multiplication et d᾿une diffusion rapide de méthodes psychothérapeutiques à travers des pratiques dévoyées. Si le bien-fondé de leur mise en œuvre pour une majorité d᾿entre elles n᾿est pas à mettre en doute dans de nombreuses circonstances de la vie d᾿un individu, les défaillances voire l᾿inexistence d᾿un encadrement des formations et des pratiques sont un encouragement pour les charlatans ou les gourous développant des entreprises sectaires.

Face à cette situation, des mesures sont à mettre en œuvre rapidement pour éclairer et protéger l᾿individu dans l᾿accès aux soins ou aux prestations á visée psychothérapeutique et pour garantir ses droits au sein de la famille et face á la justice.

Des évaluations indépendantes agréées par l᾿autorité publique, une large information sur les indications et les limites des méthodes sont nécessaires pour contenir et éradiquer un phénomène dangereux.

L᾿acquisition minimale de connaissances et d᾿apprentissages, conjointement arrêtée par l᾿autorité publique et les organisations professionnelles, doit garantir la qualité et la sécurité dans les métiers de l᾿accompagnement psychologique dont celui de psychothérapeute quel que soit le domaine d᾿exercice.

Les agents publics des services administratifs, de police et de l᾿ordre judiciaire doivent bénéficier d᾿actions de sensibilisation aux risques induits par des pratiques déviantes et manipulatrices, pour garantir une juste application du droit et un accompagnement des victimes dans l᾿exercice de leurs missions. Cette nécessité de connaissance du phénomène est d᾿autant plus indispensable, que la preuve de son existence est difficile à apporter.

 


 

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